La couleur au moyen-âge

La couleur et la lumière furent décrites dès l'Antiquité par Aristote. A cette époque, on avait une toute autre idée de la constitution des couleurs, et peut-être influencées par l’importance de la luminosité des pays méditerranéens, la clarté et l'obscurité étaient des notions prépondérantes par rapport aux teintes. On classait d'ailleurs les couleurs uniquement par leur luminosité entre le blanc et le noir. Les teintes étaient largement secondaires et leur rôle peu exploité. Il faut dire qu'il était assez difficile à cette époque d'obtenir des teinture aux couleurs saturées.

Lux et Lumen

Pendant tout le moyen-âge, la prédominance de la luminosité va continuer à influencer la compréhension de la couleur et ce schéma général va encore se compliquer avec les connotations théologiques de l'époque et avec la double nature de la lumière déclinée en Lumen, la source lumineuse d'origine divine (par exemple comme la lumière solaire) et Lux qui se raproche plus de ll'aspect sensoriel et perceptif comme la lumière d'un feu de bois tou proche qu'on peut manipuler. Cette dualité est aujourd'hui reprise dans les unités photométriques modernes où lumen est l'unité qui décrit le flux de la source lumineuse et lux est l'unité de l'éclairement reçu par une surface matérielle.

Couleur = luminosité

L'histoire de la colorim╚trie
Fig. 1. Le rouge a une valeur symbolique tr╦s forte mais il est auusi facile ř fabriquer. Le bleu a aussi une forte charge symbolique, et dès qu'il fût possible de le fabriquer efficacementil devient un sérieux concurrent du rouge. On préf╦re au jaune, les couleurs plus ambrées comme l'ocre ou l'or.,

Cette conception basée sur la clarté, notion reprise par les peintres de la Renaissance sous le terme de valeur, continue de nos jours à jouer un rôle important, notamment auprès des graphistes très attachés aux notions de contraste de luminosité pour l’harmonie des couleurs.

Dans cette philosophie, il n’y a que deux couleurs primaires, le blanc et le noir et les autres couleurs ne peuvent être qu’un mélange bien précis de blanc et de noir. On mesure donc la distance que sépare notre culture avec celle des anciens car pour nous le blanc et le noir sont par définition sans couleur. Dans l’Antiquité le blanc n’était qu’un jaune extrêmement brillant et le noir le plus sombre des bleus.

Fig. 2. Certaines couleurs prennent une place prédominante qui en éclipse d'autres ; par exemple les rouges saturés dont la fabrication est facile prend une place centrale au détriment du vert uniquement reproductible dans des nuances plus ternes.

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